lundi 26 janvier 2009

papi d'adoption


Tout ceci pour vous expliquer qu’Hélios est devenu mon papi d’adoption.
Mes grands parents maternels et ma grand-mère paternelle sont décédés avant ma naissance. Quant à mon grand père paternel, les relations conflictuelles entre mon père et lui, ont fait que je n’ai pu le rencontrer qu’à partir de mes dix-huit ans et hélas, il est décédé lorsque j’avais vingt ans...Tout ceci pour vous expliquer qu’Hélios est devenu mon papi d’adoption.
Il habitait six mois à Nîmes et le reste du temps au Grau Du Roi.
Après le décès de son épouse, ma mère et moi, nous nous partagions l’entretien de ses maisons, c'est-à-dire moi à Nîmes et elle, au Grau Du Roi. Au fil des jours, des mois et des années, une amitié filiale s’est créée.
Depuis un an, Hélios a vendu sa maison de Nîmes pour aller vivre toute l’année au Grau Du Roi. Donc maman continue à aller chez lui deux à trois jours par semaine. Mais en dehors de cela, Hélios nous accueille chez lui, exactement comme un papi accueillerait sa famille.
Il nous raconte souvent des histoires de jeunesse troublantes et rigolotes à la fois.
Il vivait au Vigan, un petit village aux portes des Cévennes. Le soir, les jeunes se réunissaient sur la place du village pour faire la cour aux demoiselles.
Hélios nous a toujours fait remarquer, que malgré une vie difficile, le bonheur et le sourire de sa maman était au rendez-vous. Il a hérité de son énergie à toujours trouver la joie de vivre dans les moments éprouvants.
Il nous parle aussi des moments passés avec sa femme, ce qui nous touche car nous l’avons connue à la fin de sa vie. Elle était malade et il s'en est beaucoup occupé. Parfois il en reparle avec un pincement au cœur mais de suite il préfère passer aux moments où il était en couple avant que la maladie vienne s’immiscer dans leur vie.
Un des soucis d’Hélios est de ne pas trouver les aliments à son goût. Les produits qu’il cultivait n’ont rien à voir avec ceux vendus actuellement. Par exemple, une salade mettait deux à trois mois pour pousser alors que maintenant avec beaucoup d’eau et d’engrais en vingt cinq jours elle est dans nos assiettes.
Je me rends compte que nous lui rendons visite presque plus souvent que sa propre famille.
Ceci mis à part, je n'aurais pas cru qu'une personne totalement étrangère au départ, pourrait tenir le rôle du papi pour mon fils et moi.
J’ai toujours été convaincue que les relations humaines étaient l’opium du peuple mais là, cela va au-delà de toutes espérances.
J’ai voulu lire ce texte à Hélios avant de le publier pour avoir son approbation et peut-être aussi un peu son avis. Qu'elle ne fût pas ma surprise lorsque j’ai levé la tête et vu que ses yeux brillaient. Il m'a dit :
« Que veux-tu que je rajoute à cela… Tout est dit ! »
Je me suis levée et l’ai pris dans mes bras.

Aline

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